Le pont du Crépoux

Un petit pont pour un haut lieu de Résistance

En ce dimanche 31 mai 2026, sous un soleil estival, la Margeride se souvient. Elle se souvient du 11 juin 1944. Elle se souvient et elle rend hommage aux résistants tombés là, sous les balles allemandes.

En ce 31 mai, la commune de Pinols a dévoilé une stèle en mémoire de ces 29 résistants. Des jeunes hommes qui ont répondu à l’appel du 24 mai 44 lancé par le colonel Gaspard, leur demandant de rejoindre le Mont-Mouchet et qui ont donné leur vie pour sauver la France.

Ces 29 tués venaient pour la plupart des départements voisins. Aussi la commune de Pinols pour cet hommage émouvant a non seulement invité les familles, petits-enfants, neveux et cousins, mais aussi les communes où ils avaient laissé leur famille, leur travail. Ainsi, dans cette douce campagne atli-ligérienne, les maires de Beaumont, de Billom, de Vertaizon et de Neschers ont rejoint leurs homologues locaux de Auvers, Clavières, Ruynes pour se souvenir. En toute discrétion, nous avons participé à ce moment de mémoire, très émouvant.

Des historiens accompagnés par les services de l’ Etat de l’ ONACVG ont pu retracer les parcours respectifs des résistants, parcours de courage, d’engagement et d’abnégation.

Il ne nous est pas possible d’en témoigner pour tous dans cette page. Cependant, la commune de Beaumont qui avait fait ce travail de mémoire l’an passé, nous à confier ses recherches. Ainsi, deux résistants inscrits sur le monument de la résistance à Beaumont étaient au pont du Crépoux dans cette journée du 11 juin 1944.

Pierre Cohadon

Pierre Cohadon est né le 01/11/1920 à Clermont-Fd. Il habite 30 rue du docteur Lepetit à Beaumont, avec son épouse Odette Garcia. Il est cuisinier et a fait son apprentissage de à l’hôtel Terminus. Ses parents habitent aussi à Beaumont. Son père originaire d’Egliseneuve-d’Entraigue travaille comme ouvrier aux usines Michelin. Sa maire, bourbonnaise de Montluçon s’occupe de sa famille. Il a une sœur Marcelle née en 1912, qui est coiffeuse.

Au début de la guerre, il a effectué six mois de chantiers de jeunesse à Roanne dans la Loire en 1941, puis déporté du travail de 1942 à 1943. En juin 1943, il entre dans la Résistance active, au sein du groupement Franc-Tireur et prends le nom de « Francen ». Il rejoint le maquis du Mont-Mouchet le 15 mai 1944, et il est affecté à la 14ème Compagnie.

Didier Legland

Didier Legland est né le 1er février 1923 à Clermont-Ferrand. Titulaire du certificat d’études primaire, il travaille pour l’Imprimerie de la Banque-de-France à Chamalières. Célibataire, Il vit chez ses parents, 6 rue des Vignerons, avec son frère Guy. Sa mère Marie est née en 1893 à Paris et son père Joseph, à Nantes en 1881. Ce dernier, après avoir travaillé dans les carrières de Volvic exerce comme cantonnier vicinal.

Didier Legland rejoint la Résistance au sein du groupe créé à la Banque-de-France en octobre 1942 sous le nom de guerre « Lamite ». Il en est membre dès sa formation, sous les ordres du capitaine Roger Lauriat, alias « Maxime » et de Tony Moiroux, alias « Latonne ». Le groupe est chargé de la diffusion de tracts, de journaux clandestins mais aussi du transport d’armes. Le 20 mai 1944, il gagne la gare de Clermont pour prendre la direction de Saint-Chély-d’Apcher en Lozère

Après de longues et pénibles marches, ils gagnent les burons des hauts plateaux de la Margeride. Tous les deux se retrouvent dans la même compagnie, ils sont sous le commandant du lieutenant « Bertrand ». L’installation faite, il faut se familiariser avec les armes et la logistique. Puis, c’est l’attente qui commence dans l’incertitude. et puis….

Venant de Langeac, deux compagnies SS arrivent à Pinols le 10 juin dans l’après-midi qu’ils investissent. Ils sont très vite aux « Quatre Routes », où 32 volontaires dits les « Truands » les attendent.  Plus de 20 d’entre eux sont tués et massacrés sur place. Le lendemain, des maquisards prennent position sur les buttes autour du pont du Crépoux afin de bloquer le passage des chars allemands, et leur barrer l’accès vers le Mont-Mouchet. Le combat s’engage dans la matinée. Bien postés, ils réussissent à arrêter pendant plusieurs heures, les allemands. Mais ceux-ci sont bien armés et entraînés. Ils disposent entre autre d’une mitrailleuse redoutable que les Américains surnomment la tronçonneuse d’Hitler. Harcelés jusqu’à la nuit, les maquisards se replient vers le sud. Vingt-neuf d’entre eux vont donner leur vie dans ce combat acharné. Les combats et représailles de Pinols font 59 victimes dont 9 civiles.

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2 réflexions sur « Le pont du Crépoux »

  1. Bravo pour cette belle initiative d’encourager le devoir de mémoire! indispensable dans notre monde actuel trés perturbé et anxiogène!
    JLuc Nowik
    ASMDL63

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